
Originaire de Saint-Joseph-de-Lauzon, ses parents Gilbert Fournier et Mathilde Samson ont le bonheur de l’accueillir au sein de leur famille le 16 septembre 1848.
À l’âge de trois ans, ses yeux sont profondément affectés par une grave insolation et ce malaise la poursuivra toute sa vie. Elle fait deux essais de vie religieuse chez les sœurs de Jésus-Marie de Sillery et ne peut persévérer pour cause de santé. Elle tente aussi une expérience de courte durée chez les sœurs Augustines de l’Hôtel-Dieu du Sacré-Cœur de Québec.
Pendant ce temps, le curé de la paroisse de Saint-Damien rêve d’avoir des religieuses pour prendre soin des orphelins, des vieillards, des malades et des infirmes. Ne trouvant pas de réponse positive de la part des communautés de l’époque, il décide, avec l’approbation de l’évêque, de s’en faire lui-même, des sœurs.
Il invite Virginie à venir le rencontrer à Saint-Damien. C’est là qu’il lui expose ses projets, ses espoirs et ses désirs.
Virginie est hésitante, mais le brave curé entend une voix intérieure qui lui dit : « Ne la laisse pas partir. »
« Je vous donne », dit-il, « deux minutes pour réfléchir et vous décider ». Virginie est pâle d’émotion. Au fond de son cœur, Dieu parle. Et elle dit « OUI »!
Le 28 août 1892, les premières religieuses revêtent l’habit religieux à l’église paroissiale de Saint-Damien. Elles sont au nombre de quatre, ayant Virginie à leur tête. Celle-ci reçoit le nom de sœur Saint-Bernard.
La Congrégation est fondée. Tout est pauvre et misérable en ces débuts de communauté. Il faut constamment compter sur la Providence, même pour avoir de quoi manger !
« Femme de toutes les besognes », elle rayonne la simplicité, l’humilité et la joie, dans une recherche passionnée de la volonté de Dieu.
Elle a une prédilection pour les tâches les plus pénibles. Son grand amour de Dieu lui donne une compassion profonde à l’endroit des pauvres et des malheureux. Elle reconnaît Jésus à travers les plus déshérités.
Sa vie devient un perpétuel secours pour les orphelins, les vieillards, les démunis de toutes sortes.
À partir de 1916, Mère Saint-Bernard ne quitte plus l’infirmerie où la confinent cécité et paralysie. Le 30 avril 1918, elle s’éteint doucement, pleurée par ses filles spirituelles. Le père fondateur, qui pleure lui aussi sans fausse honte, affirme : « C’est une sainte qu’il faut prier; elle est au ciel. »
Cri de foi audacieuse de l’abbé Joseph-Onésime Brousseau, cri de foi généreuse de Virginie Fournier. Et c’est encore et toujours le cri de foi et la devise des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours.